Oubliez le stéréotype de l’entrepreneur immobilier qui cherche à construire le plus vite possible, sans se soucier de l’urbanisme ou de l’environnement. Jessy Desjardins, le nouveau vice-président chargé du développement chez Brigil, a bien l’intention d’amener l’entreprise au XXIe siècle.
À tout juste 27 ans, Jessy Desjardins participe à la direction de l’une des plus grandes entreprises immobilières de la région de Gatineau-Ottawa. Il suit les traces de son père, Gilles Desjardins, qui a fondé Brigil en 1985 et qui en est encore aujourd’hui le président-directeur général. Jessy Desjardins a toujours travaillé pour l’entreprise familiale, commençant son parcours au service à la clientèle, pendant ses études, avant de gravir les échelons jusqu’à la vice-présidence il y a un peu plus d’un an.
Ses projets pour Brigil sont teintés de vert. Lui-même végétarien depuis plusieurs années, il entend bien insuffler ses convictions écologistes au secteur du développement immobilier, l’une des plus grandes sources d’émission de gaz à effet de serre au Québec.
« Comme on est une entreprise intégrée, on peut agir à plusieurs niveaux pour réduire notre empreinte environnementale », explique-t-il.
Pour avoir un réel impact, il faut non seulement repenser les techniques de construction, mais aussi prévoir des options de transport efficaces et des manières de réduire la consommation d’énergie. Côté construction, Brigil fait déjà construire tous ses bâtiments de quatre étages ou moins en bois, en attendant d’être capable de le faire pour tous ses bâtiments.
On est encore en phase de recherche, mais on aimerait construire nos bâtiments de jusqu’à 10 étages en bois. Un autre de nos objectifs, que nous poursuivons depuis plusieurs années chez Brigil, c’est de créer des milieux de vie où la conception n’est plus centrée sur l’automobile.
« Au lieu de faire un boulevard à quatre voies, par exemple, on va peut-être essayer de faire un boulevard avec seulement deux voies, mais avec plus d’espace pour les cyclistes et les piétons. On va aussi placer plus de services près des communautés, comme des banques, des épiceries, des pharmacies, des commerces. L’idée, c’est que les gens sortent de chez eux et puissent y aller à pied plutôt qu’en auto. Comme ça, on réduit la dépendance automobile. Se déplacer en automobile coûte extrêmement cher, non seulement sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan économique ».
Même si l’écologie est une de ses priorités personnelles, Jessy Desjardins admet volontiers que son entreprise était déjà consciente de ces enjeux bien avant son arrivée.
« Ce sont des réflexions qu’on a depuis longtemps. Dans les années 1985 à 2000, ce qui prévalait c’était surtout le fameux rêve américain, avec l’auto, la maison, la cour, le barbecue. C’était tout à fait normal pour les entreprises de faire ça, parce que c’était ça les demandes des clients », rappelle M. Desjardins.
Depuis, les attentes des clients ont bien changé et Brigil s’est tout naturellement adapté à ce changement de mentalité.

(Le Droit, Simon Séguin-Bertrand/Le Droit, Simon Séguin-Bertrand)
Changement de cap
Malgré la contrainte du télétravail, Brigil s’en est très bien sortie pendant la pandémie, mieux que la plupart des entreprises, selon Jessy Desjardins.
« À cause la pénurie de logements et puisque nous étions un service essentiel, on n’a pas du tout manqué de travail. »
Le jeune entrepreneur entrevoit l’année prochaine avec beaucoup d’enthousiasme.
« Qu’on puisse revenir au bureau, qu’on puisse collaborer en personne, c’est déjà incroyable », se réjouit-il.
« On est une entreprise extrêmement sociable. On a l’habitude de prendre des cafés pour parler de projets, de discuter, de challenger nos idées au bureau. Ça, c’est sûr que ça se faisait difficilement en télétravail, et on est content que ça revienne. »
Ceci dit, la compagnie fera tout de même face à quelques défis.
« Les chaînes d’approvisionnement ont été durement frappées pendant la construction, ce qui a causé énormément de retards dans la construction qu’il va falloir rattraper », anticipe Jessy Desjardins. Il s’inquiète aussi de l’impact de l’inflation sur les consommateurs, qui pourrait selon lui se poursuivre « pour quelques mois, voire quelques années ».
« Le bon côté de la pandémie, si on peut en trouver un, c’est que ça a montré aux gens qu’ils pouvaient se mettre ensemble pour régler de grands problèmes mondiaux », s’enthousiasme-t-il. « Et c’est l’heure de s’atteler au problème du changement climatique. »
Source : Le Droit https://www.ledroit.com/2021/12/15/jessy-desjardins-un-avenir-ecologique-f08b815a33c93ad650fece7f8b856d35/